
La Havane (Cuba) - Vendredi 6 janvier 2012 - Même dans un des pays les plus égalitaristes et métissés du monde, on reconnait qu'il y a "un problème".
Ce qui laisse pleinement appréhender la longueur du chemin qui reste à parcourir ailleurs...
La discrimination raciale abordée par les parlementaires cubains
La Havane (AIN) - Ricardo Alarcón, membre du Bureau Politique du Parti Communiste de Cuba, a appelé à combattre toute action de discrimination violatrice des lois cubaines, comme principe intrinsèque de la Révolution qui promeut essentiellement l´unité et la solidarité.
Son intervention a résumé l´urgence d´assumer l'Histoire comme essence pour détruire les fléaux qui persistent jusqu´à nos jours.
Le phénomène, essentiellement culturel, est incompatible avec le Socialisme, a insisté Ricardo Alarcón.
Sur ce sujet Abel Prieto Jiménez, Ministre de la Culture, a dit que nous ne sommes pas dans un simple moment d'anecdotes ou de catharsis devant les manifestations du racisme, mais à un moment crucial pour construire ensemble un socialisme plus juste et incluant.
Nous ne partons pas de zéro, a-t-il ajouté, mais il s´agit d´unir nos efforts pour éliminer ces manifestations que les révolutionnaires doivent rejeter de façon instinctive, et comprendre que pour y arriver, il est nécessaire de réviser les textes d´histoire à la recherche des aspects identitaires qui, aujourd´hui, n'ont pas la magnitude qu´ils méritent.
Miguel Barnet, président de l´Union des Écrivains et des Artistes de Cuba (UNEAC), a approfondi les manques dans le système éducationnel cubain quant au legs africain, à sa mythologie et au rôle des esclaves noirs dans l´essence même de la nation.
L´intellectuel renommé a exprimé qu´au-delà de l´Année des Personnes d'ascendance africaine, nous devrions parler des trois siècles de douleur qui nous devons à l´Afrique, et proposer de donner un suivi au thème de la part d'une équipe multidisciplinaire de chercheurs, afin qu'ils contrôlent et analysent systématiquement le phénomène discriminatoire.
La présidente de l´Institut Cubain du Livre, a affirmé que c'est une réalité similaire à celle qui existe dans d´autres pays d´Amérique Latine, « et ce qui est véritablement important est d´éliminer la négation sociale que le problème existe. N'importe quelle initiative pour l'affronter doit prendre en compte les profondes racines qui sont à l´origine et leur essence éminemment culturelle, incorporée dans la pensée des personnes, parfois inconsciemment », a-t-elle souligné. |